D’après l’article du Figaro paru en décembre 2024. Introduction d’un article complet sur le Krak des Chevaliers.
Le fort classé par l’Unesco, construit par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est un vestige de la grande histoire des croisades médiévales. Il fait l’objet d’un travail de sauvegarde historique pour le protéger des ravages de la guerre en Syrie.
Il fait partie des trésors du patrimoine syrien que la guerre a bien failli transformer en ruines. La forteresse du Krak des Chevaliers est perchée sur une colline stratégique, marquée par les stigmates de la guerre. Selon son directeur, elle pourrait espérer une restauration. À condition que les nouvelles autorités dégagent des ressources pour sauver le patrimoine syrien.

Un patrimoine médiéval classé par l’Unesco
Retrouvez Le nouvel article détaillé porte sur l’histoire, architecture et restauration; en cours de rédaction le 05 janvier 2024.
Le fort est classé par l’Unesco. Construit par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, il fait l’objet d’un travail de sauvegarde historique. Cela vise à le protéger des ravages de la guerre.
Comme à Palmyre ou pour la vieille ville d’Alep, le travail est aussi minutieux que colossal. Rana Jreij tient une scie. Elle élimine les broussailles entre les pierres multiséculaires d’un des plus célèbres châteaux du temps des croisades. L’objectif est noble, il s’agit de restaurer le Krak des chevaliers, classé au patrimoine de l’Unesco, et désormais le protéger du feu de la guerre qui a sévi ces dernières années en Syrie.

Le Coronavirus isole aussi les monuments
Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, un ordre catholique militaire, ont construit la forteresse médiévale. Elle est imposante et capable d’accueillir une garnison de 2.000 hommes. Elle se dresse sur une haute colline, dominant ses environs.
La guerre en Syrie a commencé en 2011. Depuis, rebelles et forces gouvernementales ont disputé cette position stratégique. Finalement, les autorités l’ont reconquise en 2014 après de féroces batailles. Le château avait fermé ses portes en 2012. La directrice du site, Naïma Mouharatam, évoque cette période. Elle supervise les opérations de débroussaillage après avoir géré des travaux de restauration.
Les combats avaient entraîné des dommages notamment dans l’église et la Grande salle, célèbre pour ses colonnettes et ses voûtes inspirées par l’architecture gothique. La restauration avait bien avancé. Cependant, elle a été interrompue par les restrictions liées au nouveau coronavirus. Ces restrictions ont aussi fait chuter la fréquentation du site rouvert seulement fin 2018.
L’espoir fragile de nouvelles restaurations
«En 2019 nous avions eu 23.000 visiteurs, cette année ils étaient 5.000 seulement. Le coronavirus a rétabli l’isolement de la citadelle», déplore Naïma Mouharatam. Heureuse de voir «la vie revenir» grâce aux volontaires qui ont investi les lieux, elle rêve du retour de la période faste des grands événements culturels. «J’espère que le jour viendra où j’assisterai à des concerts dans la citadelle, comme avant la guerre», conclut pleine d’espoir la restauratrice en chef du site.
En 2013, alors que les combats faisaient rage, le Krak des chevaliers, mais aussi les ruines de Palmyre ou la vieille ville d’Alep ont été inscrits par l’Unesco sur sa liste du patrimoine en péril.
À l’entrée de la Grande salle, Hazem Hanna ne se remet pas des dégâts essuyés par les voûtes gothiques, qui se sont en partie écroulées. Mais «tant que les matériaux de base sont disponibles, on pourra les restaurer», tempère cet ingénieur chargé des travaux dans l’édifice.
La citadelle avait bénéficié en 2016 de l’aide d’archéologues hongrois pour restaurer notamment le clocher de l’église. La Syrie peut se targuer d’avoir six sites inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité. Le gouvernement avait participé en 2018 au salon international du tourisme à Madrid. Cela avait pour but de relancer le secteur touristique.
Car ces dernières années, les autorités ont consolidé leur emprise sur plus de 70% du pays morcelé et les combats ont globalement baissé en intensité. Mais si des visiteurs venus du Liban, d’Irak ou de Jordanie voisine font facilement le déplacement, parfois pour des excursions d’un jour, les touristes occidentaux ont eux déserté le pays.

Quant à Naji Darwiche, qui accompagne ses étudiants lors de leurs séances de volontariat, il rêve lui de voir «les touristes venir du monde entier» car «la citadelle a hâte de retrouver ses visiteurs».
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Résumé et compilation par Méditations Atmosphériques