Les Dolomites, montagnes méconnues du Nord de l’Italie sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009. Elles sont devenues un territoire d’expression privilégié pour l’architecture contemporaine. Des créations architecturales audacieuses y émergent vers un nouvel art de vivre dans un paysage brut.
C’est un massif alpin avec des paysages complètement différents des images de montagne habituels. A la frontière de l’Italie et de l’Autriche, les Dolomites sont remarquables pour leur roche sédimentaire la « dolomie ». Cette roche produit des éperons rocheux fulgurants, flanqués d’impressionnantes falaises enneigées toute l’année.
L’architecture contemporaine : Un dialogue avec la montagne.
C’est comme une une vallée perdue brusquement redécouverte et investie par l’architecture la plus contemporaine
Cette impression étonnante devient flagrante lorsqu’on atteint le sommet du Plan de Corones (2275 mètres). Là, au cœur du domaine skiable, deux musées.
Forme organique
Les Dolomites sont connues pour leurs villages pittoresques. Leurs maisons en pierre sèche se fondent harmonieusement dans le paysage montagneux. Ces constructions, souvent faites de bois et de pierre, sont conçues pour résister aux conditions climatiques rigoureuses de la région. Les toits pentus et les fenêtres en bois sont caractéristiques de cette architecture. Elle a été préservée au fil des siècles.
Les architectes contemporains qui interviennent dans les Dolomites relèvent un défi complexe. Ils doivent intégrer des structures modernes dans un paysage classé. Ils doivent respecter l’environnement et les traditions locales.
Ces expériences n’auraient pas pu émergées sans l’engagement et la notoriété de l’alpiniste Messner. Reinhold Messner est considéré comme l’un des meilleurs alpinistes du XXe siècle. Il est le premier homme à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8 000 m dans le monde.
L’Architecture Moderne et Durable.
Olympic Spa Hotel.
Situé à Val di Fassa, ce spa-hôtel a été rénové par l’agence d’architecture NOA. L’objectif est d’offrir une expérience de bien-être en harmonie avec la nature. Les nouvelles chambres sont nichées dans l’alpage. Elles ont des terrasses et des patios intérieurs. Un sauna surplombe la forêt. Ces éléments sont des exemples de l’intégration réussie de l’architecture moderne dans le paysage naturel. S’y ajoute une piscine à débordement suspendue à 12 mètres de hauteur. Une incroyable façade en verre et en bois local dialogue avec le paysage extérieur. On a ici l’exemple d’une intégration parfaite dans le paysage montagnard.

Le Messner Mountain Museum Corones.
Situé à 2 275 mètres d’altitude, c’est une création majeure de l’architecture contemporaine. Sa conception repose sur l’architecte renommée Zaha Hadid et toute son équipe dédiée. Inauguré en 2015, ce musée unique se distingue par ses lignes fluides. Sa conception audacieuse s’intègre harmonieusement dans le paysage alpin environnant.
Dédié à la culture alpine et à l’histoire de l’escalade, il rend hommage à l’esprit d’aventure et de découverte. Les visiteurs peuvent explorer des expositions fascinantes sur les grandes ascensions. Ils peuvent également en apprendre davantage sur la géologie des montagnes. Enfin, ils découvriront les défis liés à l’alpinisme. La structure elle-même est une œuvre d’art, offrant des vues panoramiques spectaculaires sur les Dolomites.
Zaha Hadid a réussi à créer un espace qui dialogue avec la nature. Les formes organiques du bâtiment évoquent les courbes des montagnes. Les matériaux utilisés reflètent les teintes naturelles de l’environnement. En visitant le musée, on ressent une connexion profonde avec la majesté des Alpes.
Le Messner Mountain Museum Corones offre une expérience immersive. Elle combine art, architecture et nature.

Lumen.
Ce musée de la photographie de montagne est également conçu par Zaha Hadid. Il se fond parfaitement dans le paysage des Dolomites. Son design futuriste et ses grandes surfaces vitrées offrent une vue imprenable sur les sommets environnants. Elles permettent aussi aux visiteurs de profiter d’une halte culturelle unique. Conçu dans l’ancienne station d’arrivée des remontées mécaniques venant de Riscone. Il souhaite rendre hommage aux massifs impossibles à travers cette série de lieux d’exposition baptisée Messner Mountain Museum. La « conquête de l’inutile » , symbolisée par l’escalade en haute montagne.


Hubertus : Un refuge forestier qui combine confort et simplicité. Ce projet met l’accent sur l’utilisation de matériaux naturels. Il crée un espace de détente en harmonie avec la nature.
« C’est une vraie prouesse architecturale. Les quelque 400 panneaux d’acier habillant la structure ne sont pas identiques dans leurs formes. Le bâtiment est comme un puzzle », fait remarquer la guide du musée. Randonneurs et skieurs peuvent profiter d’une vraie halte culturelle durant leur périple. Le Lumen abrite également une table, AlpiNN. Le chef triplement étoilé Norbert Niederkofler a confié son aménagement intérieur au designer Martino Gamper. Norbert Niederkofler est déjà présent dans la vallée à l’Atelier Moessmer.
À Plose, le restaurant d’altitude Oberholz.

Andreas Plattner est le propriétaire du très intime Anders Mountain Suites. Il a confié à l’architecte Martin Gruber le soin de remplacer la classique pension de famille de ses parents. Cette transformation visait à créer une « villa » aux formes très modernistes. À Obereggen, le domaine skiable a fait appel à Peter Pichler pour bâtir un nouveau restaurant d’altitude baptisé Oberholz. « On l’a constaté. La silhouette unique du bâtiment, avec ses trois façades vitrées, a très vite fait le tour des réseaux sociaux. Elle a de fait attiré une clientèle. Ils viennent parfois spécifiquement sur le domaine pour un repas », explique le responsable de la communication de la station.
Exigence du Zero Folklore.
Cet exemple n’est pas un fait unique. Il n’est pas uniquement porté par l’économie d’une gastronomie d’excellence. L’hospitalité tout entière est particulièrement encline à moderniser les édifices. Ces bâtiments abritent les établissements. Au bas des pistes, voire parfois le long, il n’est pas rare d’observer des hôtels à l’architecture très contemporaine. Ils se dressent aux côtés de bâtisses nettement plus traditionnelles dans leur facture. Pour autant, rien ne jure dans le paysage, et plus encore ne suscite de polémiques. Ici, quand on décide de construire à partir de rien, on ne cherche pas à imiter le style montagnard. On évite de recréer le traditionnel de façon artificielle. Le travail des formes est sans compromis. La recherche des matières est sans compromis. Ensemble, ils proposent souvent des interprétations innovantes de l’architecture de montagne. Ces interprétations utilisent des matériaux et une iconographie propres au territoire.
Une raison majeure à cela : la scène architecturale est dynamique. Elle est incarnée par des agences telles que Noa, Pedevilla, Modus, Peter Pichler, Martin Gruber, Armin Sader, voire Matteo Thun. Ces agences sont particulièrement dynamiques. Elles ont affaire à des commanditaires qui n’ont pas peur d’oser. En écho à ce constat, la liste des hôtels et restaurants qui adoptent la modernité est impressionnante. On trouve des adresses créées par des groupes internationaux. Par exemple, il y a Como et Adler à l’Alpe di Siusi. Il y a aussi Falkensteiner à Riscone, au pied du Plan de Corones. Il y a aussi des projets plus locaux et familiaux. Par exemple, Atto à San Candido et Anders Mountain Suites. Il y a Forestis sur le domaine de Plose. Il y a Milla Montis à Maranza et Schgaguler à Castelrotto. Zallinger et Icaro se trouvent à l’Alpe di Susi. Bühelwirt et Olm sont situés dans la vallée de l’Ahr. Pour réaliser les enduits de la façade de l’hôtel Atto, l’agence Pedevilla a pris une décision importante. Par exemple, elle a utilisé le sable aux teintes pourpres de la rivière voisine. Au Falkensteiner, l’architecte Matteo Thun s’est largement saisi du bois pour habiller le complexe 5 étoiles.
En conclusion.
L’architecture contemporaine peut devenir partie prenante de l’offre touristique d’un territoire, en se débarrassant totalement du folklore. Et cette manière de faire évoluer le cadre de vie s’exprime à travers différents types d’édifices. Cela inclut les équipements publics comme les casernes de pompiers, les offices de tourisme, et les salles d’escalade. Elle concerne aussi les sièges sociaux d’entreprises et, bien évidemment, les habitations, voire les fermes. Même au cœur de la ruralité, les formes créatives permettent de faire évoluer l’art de vivre sans le dénaturer. Toutefois, la question de l’expatriation forcée des habitants modestes se pose. Ces habitants travaillent dans cet environnement mais ne peuvent plus s’y loger. Mais c’est une autre histoire
Article par Architecture & Lifestyle, concept. Voyages immobiles masculin.